Ruses et méthodes

du chasseur-photographe

 

La forme de chasse la plus comparable à la chasse photo est la chasse à l'arc, qui exige, contrairement à la chasse au fusil, d'approcher très près de son gibier, et de disposer d'un peu de temps pour préparer son "coup". En effet, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, le téléobjectif, si puissant soit-il, ne donnera rien de bon sur un chevreuil à 100 mètres, alors qu'une carabine permettra de l'abattre relativement facilement.

La règle fondamentale du chasseur photographe sera de se fondre avec la nature, de se rendre invisible, inodore et inaudible.
Sachant cela, vous savez tout ce qu'il faut savoir, ou presque.

 

 

 

° SE RENDRE INVISIBLE

Le plus sûr moyen d'être invisible est évidemment de ne pas être là !
De nombreuses techniques de piègeage peuvent être utilisées, par exemple le déclenchement par un simple contact électrique commandé par le poids de l'animal lors de son passage, ou des barrières photo-électriques sophistiquées, ou encore des systèmes de radio-commande à distance .
Certains diront que ce n'est plus de la chasse, pourtant la mise en oeuvre de ces techniques exige une parfaite connaissance de l'animal et de ses habitudes, nécessitant souvant de longues heures d'observation pour des résultats très aléatoires.

La technique essentielle est évidemment l'affût, dissimulé sous une tente ou une cabane de branchages fondue dans le paysage.
Elle est applicable dans de nombreuses circonstances, et s'impose même pour certaines espèces comme les oiseaux qui sont pour la plupart impossibles à approcher à bonne distance.
Comme le piègeage, l'affût nécessite une phase préalable indispensable de connaissance du gibier recherché et de ses habitudes de passage, et surtout une bonne dose de patience, ainsi que des vêtements appropriés, surtout en hiver.

Quant à la chasse à la billebaude (chasse devant soi en se promenant), et à son prolongement naturel : l'approche, on peut se rendre peu visible à de nombreuses espèces, notamment de gros gibier, avec des vêtements de couleur sombre (inutile cependant de se déguiser en commando de marines), en cachant ses mains et son visage avec des gants, un chapeau, voire une cagoule de tulle vert, et surtout en sachant marcher dans l'ombre très lentement et rester totalement immobile dès que la distance convenable est atteinte ou que l'animal est sur ses gardes.

° SE RENDRE INODORE

C'est un problème très difficile avec de nombreuses espèces de mammifères qui disposent d'un odorat redoutable (un sanglier vous "évente" à plusieurs centaines de mètres).
Par chance les oiseaux ont un faible odorat, compensé il est vrai, par une ouie et une vision remarquables.
Oubliez les bombes de parfum "au cerf" ou autre qui ne sont que des attrappe-nigauds !
Il n'y a qu'une seule solution valable (en dehors du piègeage) qui est de rester contre le vent .

C'est plus facile à dire qu'a faire, car le vent (quand il y en a) varie souvent selon la végétation et la topologie.
La bonne utilisation du vent est essentielle tant pour l'affût que pour l'approche.

° SE RENDRE INAUDIBLE

Pas facile non plus d'être totalement silencieux lorsqu'on se déplace, c'est tout un art et c'est très fatigant de marcher très lentement en roulant le pied.
Certains chasseurs se mettent même en chaussettes lors de l'approche pour sentir la brindille qui va craquer sous le pied !
A l'affût ou lors du piégeage, il reste le bruit de l'appareil et des moteurs de l'autofocus qui inquiètent rapidement oiseaux comme mammifères.
Il conviendra de les amortir, soit en enveloppant l'appareil d'un vieux vêtement épais, soit en disposant devant le boitier un écran de mousse épaisse.
Là aussi, le vent a son importance.