J'ai créé ce site pour vous faire partager, non pas mes trophées, mais mon bonheur de découvrir l'éveil de la forêt un matin de printemps, le passage furtif d'un renard, l'émotion de la vision d'un grand cerf surpris au détour d'une allée, ou plus simplement le plaisir de la "capture" d'un écureuil dans un jardin après de longues heures d'affût.

Puissiez vous aussi y trouver un peu de joie, et pourquoi pas, la naissance d'une nouvelle passion !

Patrick Lenté

p.lente@chassephoto.com

Quelques mots pour me présenter...

Depuis presque soixante ans, j'ai toujours vécu à Paris.

Pourtant, depuis ma tendre enfance, je ne me sens vraiment chez moi que lorsque je parcours les halliers ou les sentiers de forêt à la pointe de l'aube, en me délectant de l'odeur de mousse humide de rosée, et en m'émerveillant du moindre bruissement de feuilles dans le vent ou de l'envol bruyant d'une hulotte à mon passage.

Enfant, j'ai toujours été citadin, sauf pendant le moment béni des grandes vacances, que nous passions traditionnellement chez mes grands-parents en Poitou.
Ces deux mois poitevins, je ne les aurais jamais échangés contre le plus captivant des voyages, surtout le mois de septembre, qui était le mois de la chasse avec ses journées harassantes à porter les carniers ou à tenir des chiens tout aussi fourbus que moi.

Aujourd'hui, plus qu'adulte, je me sens plus que jamais un paysan déporté dans ce monde urbain inhumain, où les pigeons sont devenus tellement abrutis que les voitures les écrasent par dizaines, où les humains n'ont jamais vu une chouette ailleurs qu'à la télevision, et où l'on est obligé de transporter les enfants des écoles dans des fermes-musées pour qu'ils voient au moins une fois dans leur vie un vrai veau tétant une vraie vache ! .

La nature est aujourd'hui devenue soit un enjeu abstrait d'idéologie politique, soit un objet de spectacle.

Dans le premier cas, on se préoccupera plus, au nom de l'écologie, de dresser les citadins-électeurs contre les chasseurs, que d'enseigner aux enfants des villes l'effort de se lever tôt pour observer les lapins sur le terrain vague qui borde le parking du supermarché .

Dans le second cas, on organisera des safaris-photo-tout-confort en Tanzanie pour des gens qui connaissent à peine les forêts centenaires qui, aux portes mêmes de nos villes, accessibles à tous, constituent une source magnifique de sensations, de bruits, de couleurs, d'odeurs, de vie.

La nature n'est rien de tout cela, c'est un monde parfois accueillant, parfois hostile, toujours très exigeant, éminemment propice à la réflexion personnelle, à l'éveil spirituel ou poétique, à l'apprentissage de valeurs essentielles de la vie, car c'est un monde où l'on ne peut ni tricher ni économiser son effort, et dans lequel il faut s'immerger avec patience et humilité pour en apprendre un à un les secrets, et finalement s'émerveiller davant tant de complexité et de beauté.
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