Ethique du

chasseur-photographe

Il n'est pas dans mes intentions de donner des cours de morale, mais seulement de rappeler quelques règles essentielles qui vont de soi, mais que nous, les citadins, avons un peu oubliées en perdant nos racines campagnardes.
La nature est faite d'être vivants qu'il convient de respecter si nous voulons continuer à l'admirer, et l'intrusion de l'homme, qu'il soit ou non armé d'un fusil, est toujours dans le monde sauvage un élément perturbateur aux conséquences plus ou moins graves.
Il va de soi que pour s'approcher des animaux sauvages, il faut un minimum de connaissances sur leur mode de vie, leur biotope, leur comportement. Cela s'apprend d'abord dans les livres (ou sur internet), mais surtout en les observant longuement, de loin avec des jumelles, pour repérer leurs habitudes, leur lieux de nourrissage ou de remise, leurs itinéraires favoris
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Première règle : respecter les hommes:


Cela signifie notamment de ne pas pénétrer dans les propriétés privées sans autorisation, de veiller à ne pas marcher dans les cultures, de respecter les règles imposées dans les parcs naturels, et , bien entendu, de laisser la nature vierge de tous détritus après son passage.
Dans les forêts publiques, cela veut dire aussi respecter les autres usagers, promeneurs, VTTistes, chasseurs de champignons ou autres, qui sont souvent une réelle gêne pour le chasseur photo, mais qui ont autant de droits que nous à profiter du domaine public
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Deuxième règle : Déranger le moins possible la faune :


L'homme est bien souvent le principal prédateur des animaux, et ceux-ci ont appris à le craindre et à le fuir. Les plus confiants, comme le chevreuil, ne fuiront pas très loin s'ils sont dérangés, et leur stress ne sera pas bien grand, pour autant que nous ne les poursuivions pas à plusieurs reprises pendant des heures.
D'autres peuvent avoir des réactions de panique mortelle, comme ces mouflons qui se sont jetés dans le vide après avoir été harcelés par un photographe en ULM.

 

Troisième règle : respecter les périodes de reproduction :


Pendant les périodes de reproduction, la présence excessive de l'homme peut avoir des conséquences catastrophiques pour beaucoup d'espèces, qui finissent par abandonner leurs petits si leur stress est trop important, ou les laissent seuls sans nourriture pendant de longues heures si le photographe s'est imposé trop près du nid.
Sauf si vous êtes un ornithologue averti (et encore !) vous vous abstiendrez totalement de faire des photos d'oiseaux au nid, que ce soit pendant la couvaison ou pendant le nourissage, c'est une période où les parents sont extrêmement nerveux, et où les prédateurs, comme ce gentil écureuil, guettent l'absence des parents pour agir.
De même, pour les mammifères, qui cessent en général de s'occuper de leurs petits dès qu'il portent l'odeur de l'homme, ainsi n'approchez pas et ne touchez pas le petit faon qui, peut-être, s'approchera de vous avec confiance, ou que vous découvrirez seul (mais pas abandonné pour autant) dans un sous-bois, cela serait sa mort certaine.

 

Quatrième règle : veiller à votre sécurité :


Bien sûr, dans notre belle France, il y a peu d'animaux dangereux, cependant dans certaines circonstances, certains peuvent devenir agressifs s'ils se sentent menacés.
Ainsi, une chouette peut vous attaquer violemment si vous approchez de son nid, et vous causer de graves blessures au visage et aux yeux.
Une laie suitée de marcassins peut devenir une vraie furie si vous l'approchez de trop près ou lui coupez sa retraite, et vous ne peserez pas lourd face à plus de 100 kilos lancés à pleine vitesse.
Il faut aussi se méfier des mâles de certaines espèces pendant la période des amours, le joli brocard est bien armé pour blesser et devient parfois très agressif à cette période.
Pour tous les animaux, il y a une distance en deça de laquelle ils se sentent violemment menacés, la réaction normale est la fuite, mais, par exemple s'ils sont acculés par un grillage, ils chargeront pour se faire le passage.